Chronique Sherlock Holmes contre
Arsène Lupin - Tome 1
Résumé de la BD : La quête d'éternité
Réunir Sherlock Holmes et Arsène Lupin dans une même bande dessinée ? Difficile de ne pas succomber quand il s'agit de deux de mes héros préférés. J'attendais donc énormément de cette rencontre, d'autant plus qu'elle oppose deux légendes de la littérature populaire, chacune avec son style, ses méthodes et sa personnalité bien marquée.
L'histoire débute lorsque Mycroft Holmes sollicite son frère Sherlock pour une mission inhabituelle. Il ne s'agit pas de résoudre une enquête après les faits, mais d'empêcher un vol avant même qu'il ne soit commis. Une mystérieuse cargaison doit transiter de Douvres à Londres dans un train particulièrement sécurisé. Sherlock comprend rapidement que si une attaque doit avoir lieu, elle ne pourra se produire que durant les douze minutes où le train longe la côte. Une course contre la montre s'engage alors.
De son côté, Arsène Lupin vient d'échouer dans le vol d'un précieux manuscrit. Très vite, il est entraîné dans une nouvelle aventure qui le conduit à Londres, où un défi autrement plus excitant l'attend. Entre le British Museum, des artefacts anciens, une mystérieuse comtesse de Cagliostro, une organisation héritière de Moriarty et la légende du Saint Graal, l'intrigue prend rapidement une dimension bien plus vaste qu'un simple cambriolage.
Mon avis sur la BD
Le concept est particulièrement séduisant. Voir Sherlock Holmes et Arsène Lupin se retrouver face à face, se provoquer, se taquiner et finalement devoir collaborer constitue le véritable point fort de cette BD. Lupin reste fidèle à lui-même : charmeur, cabotin, audacieux et toujours prêt à miser sur sa bonne étoile. Sherlock, lui, conserve son calme, son incroyable sens de la déduction et son approche méthodique. Leurs échanges sont savoureux, chacun cherchant à déstabiliser l'autre sans jamais perdre le respect qu'il lui porte. Leur complémentarité fonctionne très bien et donne envie de les suivre dans d'autres aventures.
L'univers mélange habilement enquête policière, aventure et une touche de steampunk. On croise des inventions dignes de Jules Verne, des fusils électriques, des engins volants improbables, tout en retrouvant un Sherlock et un Lupin modernisés, aussi bien dans leurs armes que dans leurs dialogues. Ce mélange fonctionne plutôt bien et apporte une identité originale à la série.
En revanche, j'ai trouvé le début de l'histoire particulièrement difficile à suivre. Les informations s'enchaînent rapidement, les personnages sont nombreux et les enjeux ne sont pas toujours clairement présentés. J'ai parfois eu la sensation que certaines explications étaient inutiles et alourdissaient le récit. Une partie de cette introduction aurait pu être simplifiée afin de rendre la lecture plus fluide et éviter de perdre le lecteur dès les premières pages.
Côté dessin, en revanche, c'est une véritable réussite. Roger Vidal signe des planches magnifiques, riches en détails et sublimées par de très belles couleurs. Chaque case mérite qu'on s'y attarde tant les décors et les personnages sont soignés. Son trait précis et expressif apporte énormément de dynamisme au récit et participe largement au plaisir de lecture.
J'ai également apprécié la place accordée aux personnages féminins. La comtesse de Cagliostro et Nelly forment un duo aussi inattendu que redoutable. Elles n'ont pas froid aux yeux et jouent un rôle bien plus important qu'il n'y paraît. Cela donne une autre dimension au duo Holmes/Lupin
Au final, malgré un scénario parfois trop chargé et un démarrage un peu confus, j'ai passé un très bon moment. Le simple plaisir de retrouver Sherlock Holmes et Arsène Lupin réunis dans une même aventure suffit déjà à séduire, d'autant que leur duo fonctionne à merveille. Je reste toutefois un peu sur ma faim et j'espère que le second tome apportera davantage de clarté tout en développant encore cette alliance aussi improbable que réjouissante.







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